Henri Verneuil (Achod Malakian) nait à Rodosto en Turquie le 15 octobre 1920. Rejoignant la diaspora arménienne réfugiée en France, sa famille s'installe à Marseille en 1924.
Après ses études secondaires pour faire plaisir à son père, il entre à l'Ecole nationale des Arts et Métiers d'Aix-en-Provence.
Il obtient en 1943 le diplôme d'ingénieur. - "Mais cela ne m'intéressait pas beaucoup, et en plus j'étais mauvais en maths !" disait-il toujours. De 1944 à 1946, il s'oriente vers le journalisme et la radio. Rédacteur en Chef du magazine Horizon, critique cinématographique et grand reporter, il fait ses premières armes au cinéma avec de nombreux courts métrages et l'adaptation en 1950 du roman de Marcel Aymé.
Son premier grand contrat, il le signe le 20 novembre 1950 avec Fernandel en vedette pour le film "La Table aux Crevés" adapté du roman de Marcel Aymé.
Le nom du comédien va pendant quelques temps être attaché à celui du jeune metteur en scène qui lui offrit un rôle dans plusieurs de ses longs métrages :
Le fruit défendu (1952), le mouton à cinq pattes qui a obtenu l'Oscar américain du meilleur film étranger, et la Vache et le Prisonnier (1959) dont on connaît le succès retentissant.
Fernandel mais aussi Jean Gabin, Jean-Paul Belmondo, Alain Delon, Anthony Quinn, Henry Fonda, pour n'en citer que quelques uns, ont marqué la carrière du réalisateur.
Fidèles à ses amis comédiens, il tournera avec eux plusieurs films qui connaîtront autant de succès.
Ainsi, il tournera trois films avec Alain Delon, cinq films avec Jean Gabin et six avec Jean-Paul Belmondo.
La renommée du cinéaste devient internationale avec Mélodie en sous-sol (1963) qui obtient le Golden Globe de la Critique américaine.
Et, un an plus tard, le Mystery Writers of America Award.
En 1964, il réalise d'après le roman de Claude Veille, Cent mille dollars au soleil qui reçoit le Ticket d'Or au festival de Cannes la même année.
Fort de son succès, il part outre-atlantique, appelé par la Metro Goldwyn Mayer pour réaliser deux superproductions :
la 25ème heure (1966) avec Anthony Quinn, Virna Lisi et Michael Redgrave, la Bataille de San Sebastian (1967) avec à nouveau Anthony Quinn et à ses côtés Charles Bronson.
Henri Verneuil n'a jamais caché son admiration pour le cinéma américain. On a souvent dit de lui qu'il était "le plus américain des cinéaste français".
A son retour en France il fonde sa propre maison de productions V.Film.
Il tourne alors des films aux budgets importants et aux affiches prestigieuses :
Le Clan des Siciliens
(1969),
Le Casse
(1971), Le Serpent (1973), Peur sur la Ville (1974), le Corps de mon Ennemi (1976), I.. comme Icare (1979), Mille milliards de dollars (1982), Les Morfalous (1984).
Ses souvenirs d'enfance qu'il raconte dans ses deux derniers films :
Mayrig (Maman) avec Claudia Cardinale et Omar Shariff restera comme son testament. Il y racontait son parcours, son enfance à Marseille, un film méconnu qu'il tirait de son propre roman paru en 1985.
588 rue Paradis (1991) tiré d'une œuvre autobiographique dont le livre devenu un best-seller a été traduit dans plus de 10 pays.
L'œuvre d'Henri Verneuil a marqué le 7ème Art avec des films toujours remarqués et appréciés du public.
Sa longue carrière cinématographique avec plus de trente cinq films est couronnée par de nombreuses récompenses.
En 1966, Henri Verneuil reçoit un César d'honneur pour sa carrière bien remplie. Il est également reçu à l'Académie de Beaux-Arts où il retrouve d'autres cinéastes comme Gérard Oury et Roman Polanski.
Henri Verneuil est décédé à l'âge de 81 ans, le 11 janvier 2002 à Paris.
Il n'a jamais oublié ses origines. Il parlait arménien, il chantait en arménien. Mais jamais il n'est retourné dans son pays natal, la Turquie, "le pays qui avait tué 1,5 millions d'Arméniens", dont une grande partie de sa famille.
Henri Verneuil a été inhumé dans le caveau de sa famille à Marseille (Marseille l'avait bien accueilli et elle est toujours restée sa ville d'adoption).