Adolphe Thiers enfant naturel est né à Marseille le 15 avril 1797 d'un aventurier et d'une blanchisseuse.
Etudiant besogneux mais brillant, il fait ses études de droit à Aix, "monte" à Paris, pour une carrière nationale.
Avocat, journaliste, homme d'Etat, Adolphe Thiers est aussi un grand historien. Dans sa jeunesse, il écrit une Histoire de la Révolution française. Beaucoup plus tard, sous le Second Empire, son Histoire du Consulat et de l'Empire le fait saluer comme "historien national".
La révolution de juillet 1830 à laquelle il a largement participé répond à ses espérances ; elle en a fait un notable et un riche, surtout après son mariage avec Mlle Dosne.
Adolphe Thiers entre très tôt en politique. Lors de la révolution de 1830, c'est lui qui persuade Louis-Philippe d'Orléans, scrupuleux et hésitant, de prendre le pouvoir.
Plusieurs fois ministre, il professe des idées libérales avancées tout en appliquant des méthodes de gouvernement autoritaires. En 1840, sa politique trop hardie engage Louis-Philippe à se séparer de son "petit ministre".
Déçu par la monarchie, il devient républicain, accueille favorablement la révolution de 1848, soutient la candidature à la Présidence de Louis-napoléon, neveu de Napoléon Ier, puis dénonce le coup d'état par lequel celui-ci devient l'empereur Napoléon III. Durant les dix-huit années du Second Empire (1852-1870), il demeurera dans l'opposition et, notamment, fera tout pour empêcher une guerre hasardeuse contre la Prusse.
La guerre contre la Prusse aboutit à la défaite de Sedan (1870) qui entraîne la chute du Second Empire et l'occupation de la France. Face à ce désastre, Thiers est nommé chef du gouvernement par l'Assemblée réfugiée à Bordeaux. Le château de Versailles - hôpital pendant la guerre - sert de résidence au roi de Prusse vainqueur; c'est dans la Galerie des Glaces qu'est proclamé l'Empire allemand (janvier 1871). Thiers y négocie la paix avec Bismarck.
Contre les conditions de paix trop dures acceptées par Thiers, et pour voir enfin la Révolution triompher, le peuple de Paris se soulève : la Commune est proclamée.
En 1873, une majorité royaliste l'oblige à se démettre de ses fonctions.
Thiers quitte Paris pour Versailles ; le gouvernement s'installe dans le Château et de là va exercer une très brutale répression contre les insurgés.
A Versailles, Thiers, paré du nouveau titre de président de la République, joue au monarque.
Soutenu par l'Assemblée qui siège à l'Opéra transformé pour accueillir les séances, il réorganise la France vaincue : administration, finances, armée.
Il continue cependant à se rendre à Versailles, comme député, dans la salle du Congrès construite au centre de l'aile du Midi (aujourd'hui cadre de l'exposition "Les Grandes heures du Parlement").
Il y connaît son plus beau triomphe en 1877 lorsque Léon Gambetta le proclame "libérateur du territoire".
Il meurt à Saint-Germain-en-Laye, le 3 septembre 1877, la famille refusant les obsèques nationales.
C'est en 1892, à la mémoire d'Adolphe Thiers, Président de la République française, que fut construit le futur Saint-James à Paris.
Erigé à l'emplacement du premier aérodrome parisien, d'où s'envolaient les montgolfières, il abritait la fondation Thiers, un lieu d'accueil pour des milliers d'étudiants de France.