Jules Auguste César Muraire dit RAIMU, né à Toulon en 1883, doté d'une étonnante présence physique, fit ses premières armes au music-hall, comme de nombreux artistes de sa génération.
Acteur français dont la longue collaboration avec Marcel Pagnol fut l'un des comédiens de théâtre et de cinéma les plus populaires des années 1930.
Acteur de théâtre de boulevard, il s'illustra notamment dans Faisons un rêve (1916) de Sacha Guitry. Il imposait son naturel de comédien, à une époque où le jeu était assez surchargé.
Il avait déjà incarné le célèbre personnage de César au Théâtre de Paris en 1929 lorsque Alexandre Korda réalisa le premier titre de la trilogie de Marcel Pagnol, Marius (1931).
Le cinéma allait très vite s'emparer de cet acteur, indéfectiblement associé à ce rôle de père, bougon et hâbleur mais désemparé malgré son imposant personnage.
Donnant des lettres de noblesse à des mots conventionnels, Raimu fit de la célèbre partie de cartes un morceau de bravoure, digne de ces fameux mots de dialoguiste, tant imités depuis sans être jamais égalés.
Au début des années 1930, Raimu joue également dans des films de série, qui sont révélateurs du paysage mental de la France de l'époque.
Il tourna beaucoup, exploitant son personnage de méridional tonitruant et tendre qui n'allait pas sans un certain cabotinage. 1943, Le Colonel Chabert , de René Le Hénaff.
Entré à la Comédie-Française en 1944, il y interpréta un mémorable Monsieur Jourdain dans le Bourgeois gentilhomme (1944) et un formidable Argan dans le Malade imaginaire (1944).
Il n'a pas toujours eu l'occasion de retrouver des rôles qui lui collent autant à la peau.
Les films qui suivent, Noix de coco (1939), Dernière Jeunesse (1939), Le Duel (1940), où il campe un père blanc quelque peu insolite, L'Homme qui cherche la vérité (1940), ne sont pas à la hauteur de ses capacités.
Il retrouve Fernandel. dans Les Gueux au paradis (1946), Avant de tourner son dernier film, il jouera Le Bourgeois gentilhomme à la Comédie-française, rôle qui lui tenait à cœur, tant il adorait faire la satire des parvenus.
Raimu décède en 1946.
A Cogolin dans le Var. le Musée Raimu est consacré à la carrière de l'artiste.