Frédéric Mistral naît le 8 septembre 1830 au mas du Juge à quelques kilomètres de Maillane où son père est propriétaire terrien.
Mistral passe d'abord quelques années au pensionnat de l'Abbaye de Frigolet, non loin de Tarascon."Un ancien monastère situé dans la montagnette, écrit-il, jardin sauvage de plantes aromatiques et paradis ouvert, pour ses écoliers, en cage transparente..."
C'est à Avignon, puis Nîmes, où il passe son baccalauréat, que Mistral poursuit ses études. Il éprouve une totale nostalgie de sa Provence, la vraie, celle dont on s'évertue à lui faire oublier la langue.
A Aix-en-Provence, Mistral s'engage dans des études de droit afin de ne pas déplaire à son père, mais il revient rapidement vers Maillane et prend une ferme résolution: "Raviver en Provence le sentiment de race, provoquer une résurrection par la restauration de la langue maternelle et historique de mon pays, rendre la vogue au provençal par l'influx et la flamme de la divine poésie".
En 1852, à la suite du décès de son père, Mistral vient s'installer à Maillane avec sa mère, dans la maison du Lézard. Lorsqu'il se marie quelques années plus tard, il achète la maison en face et n'en bougera plus.
C'est peu avant ce moment que naît l'idée du Félibrige , une école littéraire créée par Mistral le 21 mai 1854 avec six autres auteurs ardents défenseurs de la langue provençale.
La passion de Mistral pour sa Provence ne semble pas avoir de limite.
En 1859, Mistral publie "Mireille", une œuvre maîtresse dont il faut noter que Mistral lui-même l'associait à la Vierge : "Je suis persuadé que "Miréio", Mireille, est le nom même de Marie, dérivant de l'hébreu Myriam et provençalisé par les juifs de Provence, très anciens dans le pays".
"Mireille" est salué par le monde entier, et par certains comme un chef-d'œuvre, le plus authentique depuis les grandes tragédies gréco-romaines.
Quelques années plus tard, l'adaptation lyrique de Charles Gounod, fera de "Mireille" un véritable monument mondial.
Sept ans plus tard, Mistral écrit "Calendal", dans lequel apparaît encore la farouche volonté d'indépendance des provençaux. En 1863, après que la France ait fait l'objet d'une séparation par département, un historien méridional, Louis Capefique écrit : "Nous ne serons jamais des enfants des Bouches du Rhône, démarcation de fantaisie, nous sommes des Provençaux".
Alphonse Daudet et Frédéric Mistral se rencontrent souvent (Mistral était l'aîné de Daudet, de dix ans) et l'admiration de Daudet pour ce "grand poète" n'a pas de limite.
Certains affirment que Daudet et Mistral se fâchent à la suite de "L'Arlésienne" écrite par Daudet. Ce n'est pas prouvé. En effet après que le cousin de Mistral se soit suicidé en 1862, en se jetant de la fenêtre du mas du Juge où réside la famille, Mistral évoque cet épisode douloureux avec son ami Alphonse Daudet.
Ce dernier s'en inspire largement pour écrire "L'Arlésienne" ce qui aurait déplu à Mistral.
Après la mas du Juge et la maison du Lézard, Frédéric Mistral n'habitera qu'une seule maison jusqu'à sa mort, celle qu'il occupe avec son épouse. Entourée d'un jardin, elle se situe en face de la maison du Lézard où réside sa mère et Mistral n'en bougera pas, recevant de très nombreuses visites.
La plus surprenante viendra de Buffalo Bill qui franchit l'océan pour venir saluer le poète. Il laisse son chien en cadeau à Mistral. Cette rencontre explique que quelques années plus tard un groupe d'indiens vienne rencontrer Mistral dont les écrits ont eux aussi franchit l'océan. Dans sa maison de Maillane, devenue musée, on peut découvrir l'arc et les flèches offerts par les Sioux à Mistral.
De nombreuses académies l'invitent en qualité de poète provençal. Proche de Lamartine et d'Alphonse Daudet, il refuse cependant de se présenter à l'Académie Française comme ses amis le lui demandent. Pour lui, ce serait une trahison. C'est le Prix Nobel de littérature qui vient, en 1904, couronner son œuvre littéraire.
Il consacra la somme reçue à la location du palais de Laval à la ville d'Arles, lieu où il commença l'aménagement du musée Arlaten . Frédéric Mistral s'éteint dans sa maison de Maillane, le 25 mars 1914.
Dans la cœur des provençaux, Mistral demeure le plus grand (poète et écrivain) à avoir consacré sa vie et son œuvre à sa région et à sa langue.