Robert Guédiguian est né le 3 Décembre 1953 à Marseille. Avec des origines à la fois arménienne et allemande, fils de docker, il grandit dans le quartier populaire de l'Estaque, près de Marseille, le petit port que les impressionnistes peignaient au début du siècle et qui, grâce à cela, a fait le tour du monde.
S'intéressant très tôt aux questions politiques, il entame des études de sociologie à la faculté d'Aix-en-Provence où il rencontre sa future compagne, Ariane Ascaride , qu'il suit à Paris lorsqu'elle s'inscrit au Conservatoire.
Auteur d'une thèse sur la perception de l'État dans le milieu ouvrier, il est bientôt contacté par René Féret pour co-écrire une adaptation de Berlin Alexanderplatz. Le projet n'aboutira pas, mais Robert Guédiguian collaborera avec le cinéaste sur le scénario de Fernand, en 1980.
Déçu par la politique, Robert Guédiguian trouve dans le cinéma une nouvelle manière de s'engager, il signe en 1980 son premier long métrage, "le désabusé Dernier été" , présenté en section parallèle à Cannes, avec au générique Ariane Ascaride et Gérard Meylan, comédiens qui joueront dans la plupart de ses films, formant la "famille Guédiguian" qui comptera aussi bientôt Jean-Pierre Darroussin.
Se qualifiant lui-même de "cinéaste de quartier" , il tourne ensuite plusieurs films confidentiels, dont "Rouge midi" (1985), portrait de plusieurs générations d'immigrés italiens.
Il sort de l'ombre en 1995 grâce à "A la vie, à la mort !" , un hymne à la solidarité salué par la critique, avant que le grand public ne le découvre à son tour avec l'optimiste "Marius et Jeannette" , romance en milieu ouvrier qui vaut à Ariane Ascaride le César de la Meilleure actrice en 1998.
Tout en restant fidèle à la cité phocéenne, réalisateur, acteur, producteur, producteur associé, scénariste français, Robert Guédiguian s'essaie à différents genres, du film noir (A la place du cœur) à la fable (Mon père est ingénieur) . Loin du cliché de la bonne humeur méridionale, le cinéaste tourne en 2000 une ambitieuse œuvre chorale, (La Ville est Tranquille) , constat désespéré sur la misère sociale et la fin des utopies.
En 2002, Robert Guédiguian s’est à nouveau entouré de ses acteurs fétiches, à commencer par sa compagne Ariane Ascaride, et a encore une fois choisi Marseille comme lieu de tournage pour "Marie-Jo et ses deux amours."
Le réalisateur revendique cependant l’aspect nouveau de son film. Cinéaste engagé, il n’entendait pas abandonner le combat politique en faisant un film romantique.
Il a ainsi affirmé lors d’une conférence de presse à Cannes : "Mon film est très politique, sans doute le plus politique de ceux que j’ai fait. Sur un thème romantique par excellence, j’ai montré des personnes engluées dans une réalité qui résiste, confrontées au refus d’un idéal, d’un état des choses".
Marie-Jo et ses 2 amours (2001) a été présenté au Festival de Cannes 2002 en Sélection Officielle.
En 2004, celui qui a longtemps eu sa carte au Parti Communiste abandonne le petit théâtre de l'Estaque le temps du tournage du "Promeneur du Champ de Mars." Ce film raconte l'histoire d'une fin de règne et d'une fin de vie : celle de François Mitterrand. Alors que le Président livre les derniers combats face à la maladie, un jeune journaliste passionné tente de lui arracher des leçons universelles sur la politique et l'histoire, sur l'amour et la littérature...