Sébastien Grosjean est né le 29 mai 1978 à Marseille. A l'âge de deux ans, il déménage à Ancelle (une petite station située à dix kilomètres de Gap), C'est là qu'il découvre, non pas le tennis, mais le ski.
A cinq ans, nouveau déménagement pour la famille Grosjean, direction Pra-Loup. Sébastien n'abandonne pas le ski, qu'il continue à pratiquer en club jusqu'à onze ans. Mais entre temps, il découvre le tennis.
Très vite, le tennis prend le dessus. Grâce à ses performances, il est repéré par le responsable du département et obtient une petite bourse. Il parcourt la région, allant de tournois en tournois. A douze ans, il effectue le grand saut et entre en sport-études à Boulouris. La première année est une phase d'adaptation. En tout cas, il ne garde que des bons souvenirs de cette époque. "L'ambiance était vraiment très bonne dans l'établissement. Le week-end, je voyais mes parents. J'allais aussi souvent chez ma grand-mère qui habitait à Aix-en-Provence."
En 1991, Sébastien entame sa deuxième année de sport-études. Comme toute la France, il suit du haut de ses treize ans les exploits de la bande à Noah en Coupe Davis, avec la fameuse finale à Lyon contre les américains. Cet exploit donne des idées à Sébastien : il veut devenir un joueur professionnel. Au bout de deux ans, il quitte Boullory. Il est alors classé deuxième de sa catégorie d'âge et part à l'INSEP pendant un an.
Déçu, Sébastien revient à Marseille. Il s'entraîne avec un coach qu'il connaît depuis longtemps, Bernard Fritz. Sa vie est alors entièrement tournée vers le tennis. Il progresse vite, même très vite. En première année juniors, il gagne le championnat de France
En 1996, Sébastien se consacre entièrement au circuit international juniors. Il débute sa saison par quatre tournois en Amérique du Sud. Dans les tournois du Grand Chelem, il atteint deux fois les quarts de finales, à Roland Garros et à l'US Open, et remporte le double à Paris. Il termine la saison champion du monde juniors en simple et en double. Il joue aussi dans certains tournois satellites de l'ATP qui lui permettent d'inscrire ses premiers points au classement technique. Pour une année entièrement consacrée au circuit juniors, Sébastien termine à la 405e place mondiale. Il est alors temps pour Sébastien de plonger dans le grand bain.
Son premier tournoi ATP, Sébastien s'en souvient parfaitement. Il enchaîne avec des tournois satellites et challengers qui lui permettent d'obtenir une invitation pour disputer son premier tournoi du Grand Chelem, Roland Garros. Il perd au premier tour contre Jan Siemerink en quatre sets. Il finit l'année à la 145ème place du classement ATP. Son objectif pour l'année 1998 : entrer dans les 100 meilleurs joueurs mondiaux.
Objectif atteint pour Sébastien. Il termine à la 88ème position la saison 1998. Cerise sur le gâteau, il est sélectionné comme sparring-partner dans l'équipe de France de Coupe Davis lors de la dernière rencontre de cap'tain Noah. 1999 est une année faste pour Sébastien. Il se fait un nom en atteignant la finale du tournoi de Key Biscayne. Il faut ajouter à cela une finale à Atlanta et un succès dans un challenger à Cherbourg. On comprend mieux pourquoi il finit la saison à la 27ème place mondiale.
Entre temps, la France se hisse en finale de la Coupe Davis face à l'Australie. Sébastien est dans le groupe à partir de la demi-finale contre les Pays-Bas. Il n'y participe pas mais ses résultats obtenus au cours de l'année plaident en sa faveur pour disputer la finale. Guy Forget lui fait donc confiance pour jouer les simples. Comme toute la France, Sébastien est déçu d'avoir loupé le coche. Mais il ne baisse pas les bras et entame plein d'espoir l'année 2000.
Sébastien s'impose à Nottingham et remporte ainsi son premier tournoi sur le circuit ATP. Il réussit une excellente saison avec des demi-finales à Stuttgart et à Indianapolis, et une finale à Casablanca. Il progresse une nouvelle fois au classement ATP et entre dans les 20 meilleurs joueurs mondiaux (19e). Pour préparer la saison 2001, Sébastien décide de changer certains aspects de son jeu, notamment au service.
Bingo ! Dès l'Open d'Australie au mois de Janvier, Sébastien atteint les demi-finales où il affronte son ami, Arnaud Clément. Malgré cette légère déception, il enchaîne avec une finale à Marseille et des victoires en Coupe Davis. Sa saison sur terre battue est excellente. Il va en demi-finales à Monte Carlo et surtout à Roland Garros. "C'est le quart de finale contre André Agassi qui restera dans les mémoires. Sur le central, une victoire sur Agassi, ça ne peut être qu'un super souvenir."
Il continue sa saison avec un troisième tour à Wimbledon perdu contre Nicolas Escudé, avant d'entamer la tournée américaine sur ciment. Malheureusement, Sébastien se blesse. Il lui faut un certain temps avant de retrouver son jeu du début d'année mais il revient petit à petit jusqu'à l'Open de Paris.
Son billet en poche pour le Masters, il part directement à Sydney. Une nouvelle fois, il réalise une semaine extraordinaire face aux huit meilleurs joueurs de l'année. Dans sa poule, il retrouve Hewitt, Agassi et Rafter.
Après avoir perdu son premier match face à Hewitt, il remporte les deux suivants et se hisse jusqu'à la finale, en se débarrassant de Kafelnikov en demi-finale. Finalement, il s'incline encore une fois contre Hewitt. "J'ai disputé ce tournoi comme un plus par rapport à ma saison. Alors arriver en finale, c'était déjà une superbe perf."
Après le Masters, Sébastien reste en Australie. Il doit jouer la finale de la Coupe Davis avec l'équipe de France. Quand on lui demande si ce n'est pas frustrant de ne pas avoir remporté le moindre match pendant cette finale, Sébastien répond clairement. Dix ans après, il réalise le même exploit que Noah, Leconte et Forget.
Le début de saison est difficile pour Sébastien. Contrairement à d'autres joueurs, l'année 2001 s'est terminée très tard. Heureusement, la Coupe Davis revient à Metz et il retrouve ses sensations. Il remporte ses deux matches et enchaîne sur deux bons tournois à Marseille et à Rotterdam. Sa saison est désormais lancée. "Cette saison, je veux rester dans les 10 meilleurs joueurs mondiaux. Et puis, il y a Roland Garros. Secrètement, je rêve de m'y imposer."