Paul Cézanne est né à Aix-en-Provence le 19 janvier 1839, fils d'un chapelier qui devient banquier en 1848.
Au lycée, il rencontre Emile Zola dont il fût l'ami intime pendant longtemps. Enfants, ils parcourent la campagne, avec un troisième jeune garçon qui s'appelle Baptistin Baille. Ensemble, ils ont de grandes discussions sur l'art. Ils lisent également leurs vers respectifs. Lorsque Zola part à Paris, en 1858, il continue d'écrire à Cézanne.
Le petit Paul a un drôle de caractère, capricieux et changeant, ce n'est qu'en 1860 que son penchant vers la peinture le porte vers des copies malhabiles d'œuvres vues au musée. Si, pour obéir à son père, il consent à s'inscrire en droit, il en oublie la plupart du temps d'ouvrir ses livres, et son père, de guerre lasse, lui permet d'aller poursuivre des études artistiques à Paris.
La vie parisienne ne lui plait pas, il déprime et passe ses journées au musée du Louvre. Six mois après, le voici de retour à Aix. L'expérience n'est pas concluante, et malgré la tristesse de Zola, Cézanne revient à Aix dans le but de commencer à travailler aux côtés de son père. Mais, décidément, rien ne le satisfait. A la fin de 1862, Cézanne repart vers Paris, son ami Zola et l'atelier de peinture.
Grâce à Pissarro, il rencontre Claude Monet, Frédérique Bazille et Pierre-Auguste Renoir. Au café, il évite les discussions car il déteste être contredit et il pique des colères foudroyantes lorsqu'on le contrarie.
En 1863, il tombe amoureux du Déjeuner sur l'herbe d'Edouard Manet. Manet tombera amoureux à son tour, quelques années plus tard, des natures mortes de Cézanne.
Malgré l'admiration des peintres qui le connaissent, les peintures de Cézanne se vendent mal. En 1866, à Aix, Cézanne exécute au couteau une série de natures mortes et de portraits.
Lorsque la guerre franco-prussienne éclate en 1870, il retourne dans le Midi, et vit à l'Estaque avec Hortense Fiquet, son modèle, qu'il épousera plus tard.
En 1872, il commence délibérément à changer de style. Il veut apprendre la nouvelle manière impressionniste, avec ses touches menues, ses couleurs morcelées, et son intérêt pour les jeux de lumière.
En 1874, il fait partie de la première exposition organisée par le groupe impressionniste, ainsi que de la deuxième, en 1877. Rien n'y fait, le succès ne vient pas, les problèmes d'argent se font de plus graves. Son père découvre sa liaison avec Hortense et, indigné, lui réduit sa pension.
Ses amis l'aident, Zola notamment mais l'amitié entre les deux artistes cesse lorsque Zola publie l'œuvre. La susceptibilité de Cézanne flaire une parenté entre le héros du roman, un artiste sans succès, et lui-même.
La mort de son père, en 1886, met un terme à sa gène, puisqu'il hérite d'une petite fortune.
En 1887, Cézanne se rend à la montagne Sainte-Victoire et à la carrière Bibémus où il loue un cabanon.
A la mort sa mère, en 1897, sa belle maison du Jas de Bouffan est vendue.
Le 15 octobre 1906, tandis qu'il peint en plein air, il est surpris par un orage, et trempé jusqu'aux os, doit être ramené chez lui. Cézanne s'éteint à Aix-en-Provence, le 23 octobre 1906 à l'âge de 67 ans dans sa maison rue Boulegon. Il repose au cimetière Saint-Pierre.
Une promenade au fil des rues d'Aix vous permet de retrouver les quartiers et lieux où vécut Cézanne. Des clous à l'initiale C jalonnent le parcours de la maison natale jusqu'à la dernière adresse du peintre 23, rue Boulegon.
Le peintre le fit construire en 1901, sur une colline abritée du vent, au nord de la ville, après la vente de la propriété familiale du Jas de Bouffan, lieu où il trouve le climat propice à la poursuite de ses recherches. Il y réalisa : 41 toiles, 15 aquarelles, 17 dessins.
Les environs ont changé, mais l'atelier a préservé le caractère que le peintre avait voulu lui donner. Le visiteur y découvre les objets souvent humbles mais devenus précieux, parce que indissociables de l'oeuvre de Cézanne (particulièrement dans ses natures mortes). Le jardin ombragé, aux senteurs parfumées, est tel qu'il se présentait à l'époque de Cézanne.